Le coeur sacré de Jeanne-Mance

Le coeur sacré de Jeanne-Mance
Résumé du spectacle

Certaines femmes à la grande pulsion de liberté ont tout remis en question, tout mis à plat sur la table : le patriarcat, le modèle familial traditionnel, la sexualité. Elles ont ouvert un chemin, brisé le carcan, défriché et expérimenté. Elles ont joint la parole à la pensée et les actes à la parole. Elles ont mis leur plan à exécution, ont eu des amants, des maîtresses, des enfants. Elles ont réinventé leur vie. Elles ont laissé derrière elles une trace révolutionnaire de ce qui fut certainement le début d’un mouvement qui continue aujourd’hui d’exploser.

Jeanne-Mance Delisle est de celles-là. Dans son œuvre, tout en exposant les travers hypocrites de sa société, elle a cherché à toucher à ce que l’Être humain a de primitif, d’avant la vie en société. Un retour aux origines. Quarante ans plus tard, qu’est-ce qui a tenu et qu’est-ce qui a cédé de cette repensée du monde?

 Deux écrivaines de générations différentes se sont immergées dans l’œuvre de Jeanne-Mance Delisle : Sonia Cotten, directrice artistique et poète, et Erika Soucy, dramaturge, scénariste et poète. Elles ont questionné l’œuvre et projeté leur sensibilité mais aussi leur posture citoyenne, à la rencontre de l’univers de Delisle, de ses personnages, de ce qu’ils vivent et de leur sacrifice.

 Cette production, qui est plus près du spectacle littéraire hypermédiatique que du théâtre traditionnel, offre au spectateur les codes des œuvres qui sont présentées, les mettant en contexte. Sur scène : de la musique live, une comédienne et un comédien en plus de la dramaturge et de la poète.

 Chez ces dernières, la rencontre est comme un choc souvent, mais l’impact n’a pas lieu au même point de l’être chez l’une et chez l’autre. Chez Cotten, c’est dans sa fibre même, dans les lignes de force du territoire. Chez Soucy, c’est dans la chair. Et la scène devient une zone confrontante où des écrivaines questionnent une œuvre et ses personnages, auxquels on a insufflé vie pour l’occasion. On est dans #metoo, l’affaire Mantzieff, les Césars.

On est dans la réflexion face à sa propre violence; la petite, l’individuelle, la collective, la dénigrante, la familiale, à-travers une œuvre magistrale qui propose une plongée vertigineuse dans le monde secret et obscur de l’âme humaine.

C’est 1980 et c’est 2020. La membrane est tendue, le débat abrasif, la moindre étincelle pourrait mettre le feu. Revisiter cette œuvre coup-de-poing s’échelonnant sur 40 ans a abouti à un spectacle nécessaire, dérangeant, pertinent, percutant.

 Et c’est une façon de soutenir les artistes qui créent en région, une façon de célébrer une œuvre féministe et les 40 ans d’Un oiseau vivant dans la gueule qui, rappelons-le, s’est tout de même mérité le prix du Gouverneur général en 1987.

Les personnages de Jeanne-Mance Delisle, animés de pulsions animales, surpris en flagrant délit de passion, sont parmi les plus forts de notre littérature.

Stéphane Lépine

*Les premières représentations auront lieu en octobre 2020 au Petit Théâtre du Vieux Noranda.
Une création initiée par le Petit Théâtre du Vieux Noranda / Les Zybrides
en coproduction avec Productions Rhizome

Direction artistique du projet : Sonia Cotten

Direction de production et mise en scène : Simon Dumas

Adjoint de production : Luca Mancone

Scénographie : Julie Mercier

Chorégraphie : Audrey Juteau

Extraits des textes de Jeanne-Mance Delisle : Un reel ben beau ben tristeLa bête rougeUn oiseau vivant dans la gueule, Ses cheveux comme le soir et sa robe écarlate.

Textes : Sonia Cotten et Érika Soucy

Jeu : Valérie Côté et Stéphane Franche 

Interprétation des textes : Sonia Cotten et Érika Soucy 

Conception musicale : Massy-Émond et Jean-Philippe Rioux-Blanchette

Conception des éclairages : Christian Leduc

Direction technique et Intégration technologique: Valentin Foch

Communication et découvrabilité : Camille Barbotteau et Marika Mercier

Les partenaires du projet
Le coeur sacré de Jeanne-Mance
Application mobile Fleuve | Espace danse
Le coeur sacré de Jeanne-Mance

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