Comédie à sketches et à chansons en deux parties, Où sont passés les vrais dimanches ? met en scène deux comédiennes, Alice Pomerleau et Lise Pichette, et un accordéoniste, Christian Laurence. Alors que la première partie présente un portrait satirique de l’univers des journaux à sensation, la deuxième relate la journée thérapeutique en forêt que s’offrent deux amies pour se retrouver…bien qu’elles se perdent ! Entre strip tease d’un homme d’affaire, chant des gitanes, valses enlevées et filles fascinées par un magazine de sexe, cette pièce montre que la vie est faite de questions, de décisions, d’hésitations et d’impulsions.

Contre le capitalisme journalistique

“…Les Zybrides transportent les spectateurs dans un univers de rythmes, d’images et de mouvements soutenus par un texte à la fois humoristique et poétique…”

Extrait de L’Echo, 24 juillet 1996, Val d’Or

Ancrées et critiques envers leur époque, Les Zybrides se sont toujours voulues, et ce dès leurs premières créations, engagées et un moyen de dénonciation des incohérences de la société. Considérant leur époque comme complètement folle en raison de la main-mise des médias, le sexisme, les sans-abris, la pollution et l’égocentrisme de certains hommes d’affaires, les Zybrides se servent de ces sujets pour créer des pièces de théâtre.

Où sont passés les vrais dimanches ? n’échappe pas à ce sentiment de révolte. Qu’on pense à la scène des deux fillettes qui feuillettent un journal sexiste que l’on retrouve dans tous les kiosques à journaux de l’époque, qu’on pense à ces deux femmes qui ne vivent que pour leur bien-être matériel ou à cette scène de l’homme d’affaires, propriétaire de journaux, prêt à se mettre à nu pour faire sensation, on ne cesse de se dire que le monde ne tourne pas rond.

La première partie cogne comme autant de messages véritables, tant elle représente une certaine réalité. Les Zybrides plongent l’auditoire dans un monde où le sexe et la violence font vendre des journaux. La deuxième partie nous transporte en pleine forêt où deux amies tentent de faire le vide de cette vie folle. Elles partent à la recherche d’elles-mêmes en forêt, se questionnent, se remettent en question mais pour finalement en sortir plus désorientées encore. 

En partant de l’univers des journaux, Les Zybrides en viennent à aborder des questions écologiques et sociales : nous détruisons la forêt pour produire des journaux à potins voir pornographiques, qui abaissent la femme au rang d’objet sexuel, le tout inscrit dans un cycle de surconsommation qui nous fait oublier le fondement même de la vie.

Effets visuels réussis

« La scénographie de Pierre Lamarche est tout simplement éblouissante…”

Extrait de La Frontière, 10 juillet 1996, Rouyn-Noranda 

Dans ce contexte de succession de saynètes, difficile d’imaginer un décor adapté et une mise en scène cohérente. Pourtant, Marleen Ménard, à la mise en scène, a réussi avec beaucoup de finesse à créer des liens entre les divers tableaux de la pièce. Le décor de Pierre Lamarche constitue aussi une belle réalisation. Le système, fort simple, est ingénieux pour les besoins de la tournée. En effet, la pièce devait être présentée dans 18 municipalités de l’Abitibi-Témiscamingue et donc avoir un décor facile à transporter et à installer. 

Le dispositif scénique est constitué d’une immense toile peinte où la nature y est fortement présente, dans un traitement totalement abstrait. Cette toile entoure un espace scénique à deux niveaux sur lequel sont disposées des piles de journaux. L’éclairage est efficace : il découpe bien l’espace et isole à l’occasion un élément de la toile pour en transformer notre perception.

Une des plus grandes réussites de ce spectacle est la musique, signée Christian Laurence. Accordéoniste dont le nom figure au générique d’œuvres de Breton-Cyr, Les Sortilèges, Carmen Campagne, Clémence Desrochers et La Grande Chaîne, Christian, en plus de jouer divers instruments tout au long de la pièce, a créé l’arrangement des neufs chansons écrites par Alice Pomerleau.

Équipe de création

Texte et chansons : Alice Pomerleau

Mise en scène : Marleen Ménard

Musique : Christian Laurence

Scénographie : Pierre Lamarche 

Conception et costumes : Alice Pomerleau 

Couturière : Nicole Pomerleau et Samia Ed

Assistante costumière : Chantale Ménard 

Technique son et éclairage : Pierre Lamarche 

Assistant : Barnabé Pomerleau 

Équipe de création

Production : Les Zybrides

Première représentation : 1996

Lieu : salle Canadian Corps

Direction de la production et de la diffusion : Barbara Poirier

Comptabilité : Anne-Marie Perron

Communication : Raymonde Gauthier 

Illustration : Norbert Lemire 

Graphisme : Dominique Pharand

Interprétation

Lise Pichette

Alice Pomerleau 

Christian Laurence


Sources

BAnQ Rouyn-Noranda, P265, fonds de la troupe de théâtre “Les Zybrides”

Crédits photo

François Ruph, BAnQ, Rouyn-Noranda, fonds de la troupe de théâtre « Les Zybrides » (P265)