Le Parc de la paix – Flânage permis

De gauche à droite : Assises sur le banc : Elise et Caroline ; debout : Catherine ;  sur l’autre banc, Marie-Hélène et Valentin ; sur le banc perpendiculaire : personne. 

Hors du cadre : assis dans les marches, Normand ; debout sur les marches notant dans un calepin : Giulia ; à l’autre bout du pavillon tenant une boussole : Natalie.

La paix des Condamnés

Manowar dans le tapis. Faut pas être peureux pour faire les allers/retours sur le chemin du Parc avec Catherine. Le pied sur le gaz, les masses en l’air. Les pneus sur la glace, comme sur autant de nuits d’orage. Fronter la van de bois sur la glace noire. Frôler la mort ou l’orignal.

De la musique chez eux ? Elle n’en met pas.

Che zeux, elle a la criss de paix.  Encore doit-elle s’y rendre.

Notre Mère seule Chez Oeufs

Caroline n’est pas souvent seule. Rosalie est là, se lève avec elle et elle rentre le soir avec Rosalie. Sinon, elle est avec Élise. Au Parc de la Paix, elles sont assises sur le même banc.

Chez Œufs, Caroline sirote sa solitude avec une crème.

 

La miséricorde en talons hauts.

Élise, elle vit toute seule. C’est là qu’elle est seule. Chez elle. Tout le temps.

Elle est tout le temps toute seule chez elle.

 

Quand tu as appris à recevoir des claques, tu as aussi appris à t’en donner.

Dans la vie, le bonheur, ça se travaille. Faut pas penser que ça se fait tout seul.

Élise marchait seule sur la Principale de quand elle était plus jeune que maintenant.  Ses aiguilles claquaient sur les trottoirs de bitume neuf, par soirs de beau temps. Bien avant la neige et tout de suite après l’orage. Elle écrasait son mégot d’un talon et le malheur avec l’autre. L’incandescence s’éteignant dans la brunante.

 

La vierge sous surveillance

De la plante de son pied nu, la Vierge annihile le serpent. Il finira par cracher la pomme. La pomme retournera à la terre et y poussera un pommier après l’hiver. Tout sera à recommencer.  Mais avant ; la floraison.

Derrière sa vitrine, la Vierge accueille.  Mains ouvertes.  Point de repère.

Inatteignable. Immaculée. Adorée. Priée. Couronnée. Patiente.

Normand la veille et la caméra les surveille. Omniscience d’un parc municipal.

C’est sa mère qu’il vient voir. C’est à elle qu’il parle. Sur elle qu’il veille.

Cette mère de tous; de tous ces petits baveux de l’avenue Dallaire et de l’école Saint-Viateur. Sainte-Mère au bassin cassé, Normand est un miracle né avec des cornes.

Normand connaît Destor lui aussi. Il sait à quel point le chemin du Parc est coulant à la fonte des neiges, qu’en tout temps on peut capoter et prendre le clos.

C’est comme pour le monde. Ça prend une sacrée boussole pour ne pas perdre le Nord.

Rédigé par Marie-Hélène Massy Emond.
Auteur.e

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